lundi 19 mars 2012

L'Ospedaletto

Statues des quatre saisons




Escalier emprunté par les jeunes filles qui allaient chanter et jouer de la musique à l’Église  Santa Maria dei Dereletti


Puits dans la cour

dimanche 18 mars 2012

Première soirée de ces rencontres veneto-versaillaises...


Ces journées vénitiennes commencèrent vendredi 2 sous le signe de la gastronomie. 
Dégustation d'un excellent risotto au pigeon cuisiné avec amour par Adriana Cardin, suivi d'un tout aussi bon sabayon au marsala.
Le rendez-vous était vers 19h ; le risotto m'a quelque peu attendu ; je suis arrivée à Venise à 21h, mon avion n'ayant pu décoller de Biarritz à 9h du matin pour cause de brouillard, évènement assez rare sur la côte basque.
Et je dois avouer qu'il y avait autant de brouillard dans mes yeux que sur le tarmac. 
Le premier verre de Prosecco a été plus que bienvenu après toutes ces péripéties.

Quelques extraits de "Trois mois à Venise" d'Ambroise Tardieu, historiographe de l'Auvergne (1840-1912)

"Venise avait mon coeur ; j'étais devenu vénitien. On ne quitte pas cette ville qui a tant de charmes pour l'archéologue, pour l'artiste, on s'en arrache.
Venise ! quel souvenir pour moi ! A ce nom magique, je suis attendri en pensant à tant de beaux souvenirs. Il fallait repartir. Il était minuit. Je repassai en gondole sous mes vieux ponts, sur lesquels j'étais monté et descendu tant de fois. Quand tous dormaient, je quittais ma chère Venise. 
Adieu, ville des doges, où j'ai passé trois mois des plus agréables de ma vie.
Adieu ! je ne t'oublierai jamais.
Souvent je pense à toi, à ton ciel bleu, à tes palais.
Quand, dans mes pittoresques et sévères montagnes de l'Auvergne, je me sens seul, je porte mon regard à l'Orient, du côté de Venise et je me dis : "Venise est là-bas !..."

samedi 17 mars 2012

La lagune

"Point d'herbes, ni d'arbres, tout est mer et sable ; à perte de vue des bancs émergent, bas et plats, quelques-uns demi-lavés par le flot. Un vent léger ride les flaques luisantes, et les petites ondulations viennent mourir à chaque instant sur le flot uni, on n'aperçoit qu'une surface plate, sorte de domaine intermédiaire entre l'élément sec et l'élément humide." TAINE

Quelques extraits de "Trois mois à Venise" d'Ambroise Tardieu, historiographe de l'Auvergne (1840-1912)

Intérieur de Saint Marc - Heinrich Hansen
"J'ai assisté dans l'église de Saint Marc à la cérémonie du jour de Pâques, cette solennité, sous des voûtes antiques et sombres, éclairées de mille cierges, avait un aspect des plus imposants. L'orgue résonnait, plaintif, empruntant, par moment les accents du tonnerre. Tenu par un artiste de premier ordre, il accompagnait de nombreux violons. Je n'ai rien entendu de plus parfait. L'archevêque patriarche a célébré la messe avec une grande majesté. Il était entouré des chanoines du chapitre de Saint Marc qui, par un privilège spécial, portent tous la mitre blanche."

vendredi 16 mars 2012

jeudi 15 mars 2012

Quelques extraits de "Trois mois à Venise" d'Ambroise Tardieu, historiographe de l'Auvergne (1840-1912)


La jeune fille au miroir - Titien
"Il m'est impossible de ne pas dire un mot des belles têtes de Venise. Les tableaux du Titien représentent, déjà, au XVIe siècle, des femmes blondes, vénitiennes, d'une grâce incomparable. Ces types se retrouvent à Venise. La Vénitienne a des yeux d'une douceur qui vous captive, des traits d'une régularité parfaite, des cheveux superbes, un sourire gracieux, quelque chose de profondément mélancolique comme cette merveilleuse cité de Venise. On dit qu'elle a bon coeur. Que voulez-vous de plus ?"

Armoiries du nouveau Patriarche de Venise, Mgr Moraglia

mercredi 14 mars 2012

mardi 13 mars 2012

Le casino Falopiano

Longhi - Le Ridotto

Dans la Calle dei Fuseri, à San Luca, dans ce café, qui aujourd'hui porte le nom de Dante et qui, autrefois s'appelait "Le Gobbo" (Bossu), parce que dirigé par Paolo del Mestro, qui avait ce défaut, se rassemblait, à l'époque démocratique, un groupe d'hommes plaisants et sages qui passaient la soirée en parlant des affaires du jour et mettaient en chanson le mensonge de la prospérité publique vantée et promise par les démagogues.
Leur nombre s'étant accru, ils fondèrent un casino nommé falopino, sous les auspices de l'abbé Giuseppe Comici. Là, on lisait le journal, on jouait et on prenait aussi naturellement le café. Chaque associé avait le titre de "docteur" et répondait au nom d'une fleur, ne pouvant être désigné autrement sous peine d'amende et à tour de rôle, il invitait, chaque année, ses compagnons à un banquet. Cette société qui, d'abord, se rassemblait Calle Bembo à San Luca, puisCampo San Fantino cessa d'exister, il n'y a pas longtemps, après environ 100 ans de vie.

Anecdotes historiques vénitiennes" - 1897 -Giuseppe Tassini - Merci à Claude Soret pour ses traductions.

Senza titolo

lundi 12 mars 2012

dimanche 11 mars 2012

Senza titolo

Les premières boucles d'oreille

Vénus au miroir - Titien
C'est étrange que les dames vénitiennes tellement désireuses de se parer de ceintures, d'anneaux, de colliers et d'autres ornements, à tel point qu'on dut adopter contre un tel déploiement de luxe plusieurs lois, n'adoptèrent pas les boucles d'oreille avant 1525.
La première à les adopter fut une certaine Sanuto, épouse d'un Foscarini. En fait, le chroniqueur Marin Sanuto, de la même famille qu'elle, écrit, le 6 décembre 1525, que parmi les nobles dames invitées à une fête donnée dans la maison de Bragadin, pour les noces d'une de ses nièces avec Lorenzo da Mula, il y avait la fille de Filippo Sanuto, épouse de Giovanni Foscarini, "laquelle, à la manière des maures s'était fait percer les oreilles et portait une grosse perle suspendue à un anneau d'or. Elle était la seule et je n'aimais pas du tout."
Cependant, en dépit de la désapprobation des vieux, cette mode ne tarda pas à se généraliser, les boucles ayant diverses formes, en matière plus ou moins précieuse, selon ses conditions. Elles sont et seront toujours un délice pour le beau sexe.
Anecdotes historiques vénitiennes" - 1897 -Giuseppe Tassini - Merci à Claude Soret pour ses traductions.

samedi 10 mars 2012

Doge Ludovico Manin 1789-1797 : 120e et dernier doge de Venise

Homme pieux et bon mais sans caractère et sans autorité, incapable d'arrêter la marche fatale des évènements.
La plupart des patriciens ne songent plus qu'à leurs plaisirs et ne s'occupent guère de la chose publique ; ils ne sont présents que lorsqu’il y a une grande fête ; alors qu'autrefois il fallait au moins douze cents voix pour rendre une décision valide au Grand Conseil, on a du mal maintenant à en réunir cinq cents.
C'est alors qu'éclate la Révolution français ; Antonio Cappello, ambassadeur de Venise à Paris, tient son gouvernement au courant de la gravité de la situation. Le Collège des Sages auquel ses dépêches sont adressées les tient soigneusement cachées et le Sénat les ignore.
En 1792, le triomphe de la Révolution effraya les Vénitiens et alors que deux ans auparavant ils avaient manifesté leur attachement à la cause royale et méprisé la Révolution, ils firent bon accueil en 1793 au ministre de la jeune République.
Les troupes autrichiennes allaient et venaient sur le territoire de la République ; après leur défaite à Montenotte en 1796 elles se replièrent sur le Frioul, et puisqu'elles avaient occupé Pescheria, Bonaparte  à la demande d'indemnités que lui fit Nicolo Foscarini, envoyé de la Sérénissime, répondit qu'il occuperait Vérone.
En août 1796 la France offrit son alliance à la République, en lui garantissant l'intégrité de ses Etats, le Sénat répondit que Venise voulait rester neutre.
Bonaparte souhaitait une union plus intime entre les deux Républiques et demanda que le Sénat s'obligeât à fournir pendant six mois un subside d'un million par mois en argent et en denrées. Le Sénat promit le subside mais prit aussi les mesures pour punir les révoltés ; des conflits avec les troupes françaises eurent lieu ; Bonaparte menaça ; les populations désarmées par les soldats français se révoltèrent et Vérone commença le 17 avril 1797 "les Pâques véronaises" qui durèrent plusieurs jours.
Tandis que Bonaparte préparait la paix avec l'Autriche, il fit occuper les débouchés des Lagunes, le capitaine Laugier vint manoeuvrer au large du Lido, il fut tué. La colère de Bonaparte ne connut plus de bornes et le 1er mai il déclara la guerre à la République.
Le 8 mai, le doge remit son abdication.
Le gouvernement fut remplacé par une Municipalité provisoire ; on fit venir des soldats français et le 4 juin "l'Arbre de la Liberté" fut planté au milieu de la Place Saint-Marc et le Livre d'or brûlé avec les insignes du pouvoir ducal.
Venise et ses doges - Henri Gambier

vendredi 9 mars 2012

Doge Paolo Renier 1779-1789

Le doge couronné paraît sur l'Escalier des Géants - G. Bella
Le règne de Paolo Renier se ressent de l'époque de trouble que traverse l'Europe. On ne parle que de cherté de vie, de luxe, de la corruption des dignitaires en charge, du nombre incroyable des livres qui apportent dans la ville les idées nouvelles de liberté, d'irreligion ; on nomme des commissions de "correttori" et le Grand Conseil approuve leurs mesures mais il est trop tard pour enrayer le mal, le carnaval continue à agiter ses grelots et sous le masque et les travestissements la débauche poursuit son oeuvre de dissolution.
Poussés par la curiosité, l'attrait du plaisir, les voyageurs accourent à Venise de tous les pays de l'Europe et quand ce sont des voyageurs de marque comme l'empereur Joseph II ou les princes russes, ou le roi Gustave III, toute la ville retentit de l'éclat des fêtes qui se déroulent jour et nuit dans les palais fastueux, sur les canaux et sur les places où tourbillonne la foule la plus gaie qu'on puisse voir.

jeudi 8 mars 2012

Doge Alvise Mocenigo IV 1763-1779

Sous son règne, les pirates d'Alger remontèrent l'Adriatique et descendirent dans l'île de Carigo. Depuis quelques temps (1753), Venise avait dû, comme la France et l'Angleterre, faire des arrangements avec les beys de Tunis et d'Alger sur la vente des marchandises dans les ports barbaresques ; ces arrangements avaient été renouvelés plusieurs fois, mais chaque fois les barbaresques se montraient plus exigeants de sorte que Venise se décida à recourir aux armes. Une escadre fut envoyée sous les ordres d'Angelo Emo contre Tunis. La guerre dura trois ans pendant lesquelles la flotte vénitienne renouvela les gestes héroïques des anciens temps et débarrassa les côtes d'Alger, de Tunis, de Tripoli des hordes de pirates et de corsaires qui les infestaient.
Tel fut le dernier évènement politique et le dernier acte de la grandeur de Venise.

Marbre (de Ferrari )d'Angelo Emo - Chiesa San Bagio